Deux bretons de TEV au Raid Littoral 13
Nous en avions entendu parler depuis longtemps. cette année nous avons sauté le pas : nous nous sommes inscrits au raid littoral 13
Journée navette
Le rendez-vous est fixé à 14 h sur le parking du camping Tartarin à Tarascon, situé au pied du magnifique château de Tarascon. Le raid démarre comme toute bonne sortie Kayak qui se respecte par une navette. L'objectif est de déposer les véhicules à l'arrivée et de ramener les chauffeurs. La navette dépassant les 100 km, ça prend l'après-midi. A 19 h tout le monde est de retour pour un pot d'accueil avec la sympathique adjointe aux sports de Tarascon. S'ensuit une brève présentation du raid et de l'équipe avant de partager un copieux repas. Couchage dans le gymnase voisin surchauffé par un soleil généreux. Demain je monterai la tente ! Me dis-je après une nuit perturbée.
Journée culturelle
Tarascon-Arles 20 km
Nous embarquons au pied du château sous l'œil des caméras de FR3 et accompagnés d'un journaliste qui fera la descente avec nous. Le courant est vif et la douzaine de km nous séparant d'Arles est avalée rapidement. Nous nous engageons dans le petit Rhône qui se sépare du grand Rhône un peu en amont d'Arles. L'atmosphère y est plus intime. Après quelques kilomètres nous nous arrêtons et remontons le courant jusqu'à retrouver le grand Rhône. La vue sur Arles dans le virage qui précède l'arrivée est splendide. Sur la cale, nous retrouvons des moniteurs de l'organisation qui profitent de la publicité faite autour de l'arrivée du raid pour faire une animation kayak. Nous commençons à mesurer l'importance du raid : à la fois événement sportif mais aussi opération de promotion de l'activité auprès des médias, des élus des villes traversées et du grand public.
Pique -nique sur les bords du Rhône. L'après-midi est consacrée à un rallye pédestre qui nous permettra de découvrir le patrimoine de cette ville qui va des gallos-romains à Gauguin en passant par Amédée Pichot (celui qui découvre qui il est gagne son poids en olives dénoyautées). La gentillesse des habitants et des employés municipaux que nous avons fortement sollicités ne sera jamais prise en défaut.
En soirée, dépouillement du rallye, remise des lots, discours de l'adjoint aux sports, apéro, repas et soirée tarots, grolle ou dodo selon la forme de chacun.
Journée décrassage
Arles - Port saint louis du Rhône 42 km
C'est la journée marathon. Heureusement le courant est vif et un léger mistral nous pousse. Nous avalons les kilomètres à vive allure. Le Rhône est très sauvage, vide d'hommes et d'oiseaux. Certains se rappellent de leur passé de course en ligne et se tirent la bourre ce qui étire la longue cohorte ; Pique nique au point kilométrique 304. Attention les moustiques attaquent. Nous reprenons la navigation sans traîner. Un peu plus loin nous nous engageons dans un bras mort. L'ambiance y est quasi tropicale, proche de la mangrove. A la sortie le mistral a forci.. Il arrive en ¾ arrière et anime sérieusement la navigation Il faudra expliquer aux néophytes pourquoi leur bateau semble pris d'une vie propre et décide à leur place de son cap. Pourquoi aussi une bouteille d'eau placée à une pointe le ramène à la raison.. Un petit portage et nous quittons l'eau douce pour arriver dans le chenal de port Saint Louis du Rhône. Nous sommes accueillis dans la base de voile de PSLDR qui possède une grande salle avec une vue imprenable sur Fos avec en arrière plan les collines de l'Estaque. Apéritif, discours et repas copieux nous permettent de se refaire une santé après une longue journée de bateau.
Journée tourisme industriel 25 km
Port saint louis du Rhône - Fos sur mer - Carro
La dégradation de la veille se confirme. Il y a un grain au dessus de Fos sur mer. Au menu il y a la traversée de deux voies de navigation très fréquentées. L'ambiance est dantesque. Le vent souffle fort sous le grain et lève une mer courte et hachée. Le ciel est noir comme alimenté par les cheminées d'usine. Il faut rester groupé et pagayer vite pour ne pas déranger la navigation des géants qui alimentent en permanence ce ventre. On a l'impression d'être transporté dans un paysage londonien à la Dickens.
Après 2 H d'une navigation stressante nous arrivons à Fos dont la municipalité s'est démenée pour nous trouver un lieu de pique-nique abrité de la pluie. Entre-temps le vent s'est calmé mais la houle qui atteint 1m, si elle réjouit les bretons donne le mal de mer à quelques raiders et inquiète la sécu .Nous laissons les dernières usines sur notre gauche et arrivons au surf sur Carro. L'accueil y est chaleureux. Quartier libre : nous allons voir la côte qui est magnifique. Nous bivouaquons dans la pinède bercés par le mistral.
Journée Mistral 30 km
Carro - L'estaque
Aujourd'hui le mistral a décidé de montrer qu'il était le maître incontesté de ces contrées. Il a fait le ménage dans le ciel et sur la mer qui est vide de bateaux. Nous prenons vite la mesure de sa force. Nous naviguons par vent arrière force 5 et une mer hachée. Après un arrêt à Carry le Rouet où nous voyons dans le port des fous de Bassan quasi apprivoisés nous poussons jusqu'à Rouet plage. Nous essuyons des rafales de plus en plus violentes. Le repas du midi est avalé rapidement car le mistral va encore forcir cet AM. La traversée vers les îles du Frioul étant jugée trop dangereuse nous longerons la côte bleue pour rester en vent arrière. Le mistral est monté à 6 avec des rafales à 8.. Nous allons devoir apprendre à lire la mer, à deviner le moment où va arriver la rafale : force 8 c'est quand un mauvais génie veut t'arracher ta pagaie des mains. Nous observons le relief pour deviner comment vont se faire les entrées de vent. Nous faisons des surfs d'enfer dans les risées. Mon Artika manque d'enfourner tellement ça pousse fort derrière. Au total il n'y aura que deux bains cet après-midi là, vite récupérés par les zodiacs de la sécurité. A l'arrivée sur l'Estaque la côte nous protège. Nous laissons nos kayaks dans la base de voile pour sauter dans le car qui nous emmène au vieux port prendre la navette qui mène au Frioul où nous sommes attendus pour manger la traditionnelle paella. L'état de la mer nous montre la pertinence du choix de l'organisation de ne pas tenter la traversée depuis Carri le rouet. Nous sommes accueillis comme des princes à la base Léo Lagrange. Après manger nous montons au fort que Benoît, le responsable du raid connaît comme sa poche. Il nous fait visiter des salles creusées par les allemands et au sommet la vue sur Marseille by night est exceptionnelle. Bivouac aéré.
Journée ethnologique
La mer étant toujours démontée et personne ne s'étant présenté pour la remonter, nous ferons relâche aujourd'hui. La matinée sera consacrée au retour du Frioul et à l'installation pour la prochaine nuit. L'après midi, Simon nous propose une visite commentée de Marseille. Nous y rencontrerons des gens aimables, calmes. Nous pourrons ainsi nous rendre compte que l'homo massilianis ne se limite pas aux spécimens surexcités et peinturlurés qui déferlent sur nos écrans de télé à des dates précises ; Marseille est une ville aux multiples facettes bien plus complexe et intéressante que ce qu'on en voit d'habitude à la télé. Merci au raid de nous en avoir montré quelques aspects plus flatteurs. Nous montons en fin d'après-midi à Notre Dame de la Garde pour brûler un cierge afin que la bonne mère demande à Eole de refermer son outre afin que le raid puisse continuer. Apéro avec un représentant du conseil général des bouches du Rhône qui soutient le RL13 depuis ses débuts il y a une douzaine d'années.
La soirée est consacrée à un concours de pétanque dans un club remporté naturellement par les locaux qui nous surclassent sans forcer leur talent.
Journée des îles 28 km
L'estaque- Le frioul - l'archipel de Riou - Sormiou
Lever 7 h départ 8 h en car pour aller récupérer les bateaux restés à l'autre bout de Marseille vu que nous n'avons pas pu pagayer hier. La bonne mère nous a entendu : le mistral est calmé et seule souffle une petite brise pour nous éviter d'avoir trop chaud. Il nous faudra traverser la baie via le château d'If, soit 16 km avant de pique-niquer aux Goudes. Nous remarquerons au passage que les cales sont souvent très glissantes en Méditerranée.
L'après midi est consacrée à l'archipel de Riou. La mer est calme, nous pouvons aller jouer dans les cailloux guidés par Bernard, un des pilotes de zodiac de sécurité, dont c'est le terrain de jeu depuis qu'il est tout minot. L'archipel est très sauvage et on a peine à croire qu'on est à quelques kilomètres d'une ville d'un million d'habitants. Nous rejoignons la côte pour rentrer dans la calanque de Sormiou. Nous y sommes accueillis par l'UCPA. Le site est somptueux ; Les courageux se baignent dans une eau refroidie par le mistral des jours derniers. D'autres se lancent sur le lancent sur le GR vers Morgiou, un téméraire en tongs fera vite demi tour pour être à l'heure à l'apéro.
Le repas dans la salle de l'UCPA qui donne sur la calanque est copieux et bien arrosé et se termine en concours de chanson entre les diverses régions françaises. Ceux qui n'ont pas leur dose font se finir dans une fiesta privée à proximité.
Journée des merveilles : les calanques 32 km
Sormiou - Morgiou - Cassis - le cap canaille - le bec de l'aigle - la Ciotat
Cela ne se raconte pas, ça se vit . Ce fut d'autant plus génial que l'absence de vent et la faible houle (quasi pétole molle en breton) nous ont permis d'aller jouer avec les moniteurs de l'encadrement, déchargés de leurs soucis de sécurité, dans les cailloux et d'explorer les grottes et les failles . Une journée qui compte dans la vie d'un kayakiste.
Vers 16 h nous débarquons à la Ciotat et très vite il faut se préoccuper de récupérer les voitures et de charger pour le retour : il y en a qui travaillent dès le lundi. Les adieux sont brefs : il faut être forts, ne pas pleurer comme dit Bébert le big boss. Nous échangeons des remerciements, des adresses, des promesses, buvons un dernier verre et c'est le départ…………
Quelques conseils pour profiter du RL13 :
Le RL13 est une grosse machine bien rodée dont les organisateurs ont une devise : pagayez, on s'occupe du reste. Le mieux est de faire ce qu'ils disent comme ils le disent et de leur faire confiance. On ne manage pas 40 raiders et une douzaine d'encadrants avec 4 ou 5 véhicules de logistique sans qu'il y ait quelques contraintes. Il faut donc être capable de se couler dans le système sans vouloir y mettre son grain de sel.
La sécurité du groupe est prioritaire et les jeunes moniteurs de l'encadrement sont là pour y veiller : quand ça barde on reste groupé et on ne fait pas le zouave.
Avoir un ou deux sacs étanches pour pouvoir emmener des affaires dans son kayak , c'est bien pratique.
Prévoir une tente et un couchage confortable car les nuits à 40 en gymnase peuvent être bruyantes.
Prévoir des batteries de rechange pour appareil-photo et téléphone car il n'est pas toujours facile de trouver de l'électricité pour les recharger.
Réviser son répertoire de chansons afin de ne pas se retrouver à sec trop vite lors de la soirée UCPA.
Une lacune à signaler : l'absence le midi d'une boisson diététique de l'effort à base de céréales fabriquée à Strasbourg. Gageons que si Bébert le souhaite cette lacune peut être réparée facilement vu son carnet d'adresse dans cette ville.
Pour la date ce n'est pas difficile le raid commence toujours le premier dimanche d'Août : vous pouvez déjà cocher la semaine dans votre agenda. Pour l'inscription, contactez le CRBCK vers Mars/Avril.
Longue vie au RL13 : le meilleur plan pour naviguer dans le secteur et pour découvrir les bouches du Rhône avec un nouveau regard.