Lundi 12 juillet
Retour à Quagssimiut pour quelques courses dans la minuscule épicerie, en chemin nous croisons un chalutier venu de Narssaq. Réembarquement et de quelques coups de pagaie nous rejoignons le chalutier qui a jeté l'ancre près de notre bivouac. Une forme accrochée sur le flanc droit du bateau nous intrigue : c'est un rorqual, nous dit Yann, et l'équipage s'active à le dépecer. La peau et la couche de graisse qui protègent l'animal sont prestement découpés et hissés à bord à l'aide d'un palan. Le capitaine nous en propose même un morceau à déguster cru, c'est le Mataq, friandise groenlandaise. Le reste de la journée nous remontons tranquillement par de petits fjords vers le Bredjeford le long duquel nous bivouaquons. Le beau temps est revenu.
Mardi 13 juillet
Brouillard, traversée sans encombre du Bredjefjord pour contourner l'île de Tugtutoq par le sud-ouest. Au déjeuner, malgré le beau temps, Yann semble inquiet et nous fait forcer l'allure : il craint un coup de foehn. Il a raison : en fin d'après-midi, un fort vent thermique se lève en quelques minutes et nous n'avons que le temps de bifurquer dans un fjord secondaire pour y monter le camp et attendre une accalmie. Nous sommes à 25 km de Narssaq et nous avons au maximum 2 jours devant nous. Notre avion décolle vendredi. Au dîner, Fred et Yann nous régalent de magnifiques truites péchées au pied de la petite cascade qui nous alimente en eau douce.
Mercredi 14 juillet 04
Le vent est tombé, et le temps est magnifique, mais il faut rester vigilant. Il est donc décidé de rallier Narssaq le jour même. Poussés par un petit vent de sud-ouest et la marée montante, nous progressons rapidement et la montagne de Narssaq apparaît dans le lointain. La traversée du Sound s'effectue à allure record et nous rejoignons l'auberge de jeunesse qui nous sert de camp de base. Dîner très arrosé chez le propriétaire de l'auberge de jeunesse. Il ne manque qu'un feu d'artifice pour conclure ce jour de fête nationale. Nous n'avons certes pas réouvert l'ancienne route des kayaks, mais nous avons effectué plus de 300km d'un parcours magnifique en étant pratiquement isolés de tout. Notre seul lien avec le reste du monde étant notre téléphone satellite et en cas de grand danger notre balise Argos.